Affirmer ses convictions

Ne pas confondre conviction et vérité :

La vérité est un fait établi sur lequel on ne peut pas revenir. On a raison, on a tort, ou on a partiellement raison.

La conviction est personnelle. On peut être persuadé de façon viscérale que dieu existe, ou que sa religion détient la vérité, les autres personnes ont le droit de ne pas penser comme vous. Et inversement. Il faut savoir faire preuve d’ouverture d’esprit. On est dans l’opinion.

Alors à QUOI sert d’affirmer ses convictions ?

Affirmer ses convictions face au plus grand nombre est un fabuleux exercice de confiance en soi. L’idée que vous avez de la vie fait partie de vous et le nier revient à nier ce que vous êtes. Ni plus ni moins. Le but du jeu n’est pas de tester son charisme, sa popularité, de créer l’évènement ou la controverse. Mais bien de faire valoir ses opinions.

Faut-il ménager les susceptibilités ?

Traiter votre auditoire avec respect, oui. S’interdire de donner son point de vue sous le prétexte qu’une personne susceptible pourrait vous en vouloir, non. Pourquoi ? Parce que s’énerver est une façon de clore un débat ? Dès lors il est très facile de faire taire quelqu’un en s’énervant.

Vous pouvez aussi être fatigué d’avance à l’idée de débattre avec une personne virulente. C’est compréhensible parce que vous la saurez hermétique au dialogue. Elle sera plus à même de cracher son venin que de faire avancer le débat.

On peut être nombreux à avoir tort…

Le principe est particulièrement compliqué à intégrer quand on se retrouve face à un groupe fermement convaincu d’avoir raison. C’est ce que révèle l’expérience de Asch.

Durance cette expérience, Asch convoquait des jeunes à un prétendu test de vision. Parmi le groupe de jeunes, tous étaient des complices… Sauf un. Durant le test factice, l’image suivante était présentée :

 

À gauche, une ligne modèle, et à droite, 3 autres lignes. Chacun devait dire laquelle de ces 3 lignes sur la droite était égale à la ligne modèle de gauche.

L’unanimité des complices donnait la même réponse fausse: A ou C. En conséquence, plus de 50% des interrogés étaient fortement perturbés par l’influence des autres répondants et 37% d’entre eux finirent par donner la même fausse réponse.

Conclusion édifiante de cette expérience : Face au plus grand nombre il est tentant de céder au consensus.

Alors la prochaine fois qu’une assemblée n’a pas les mêmes convictions que vous, gardez bien en tête qu’ils n’ont pas forcément raison.

Exprimer ses convictions c’est bien. Exprimer ses convictions face à une assemblée peu convaincue, c’est bien aussi. Mais le faire sans recevoir de tomates requiert quelques techniques…

Concéder sur certains points pour mieux appuyer ses propres thèses

Parce que tout n’est pas bon à jeter dans les convictions qui ne sont pas les vôtres. Il vaut d’abord mieux accorder des points à ceux qui ne partagent pas vos opinons. Et cela se fait en plusieurs étapes (comme vous allez le constater, j’ai sélectionné, pour illustrer mon exemple, un thème de société délicat qui déchaine les passions) :

1-décortiquer la conviction adverse : « Donc selon toi, les Gnocchis sont meilleurs que les raviolis parce que le fromage fondu ça tue »

2- Comprendre en quoi cette conviction peut être plausible. Accorder des qualités au point de vue de ceux avec qui vous conversez : « C’est vrai que le croustillant de la pâte mêlé au fondant du fromage, ça déchire. »

3- Expliquer en quoi votre point de vue est également intéressant : « Mais il existe des raviolis au trois fromages ou bœuf-fromage. D’autant que, quand-même, avec une bonne sauce tomate, c’est divin. Tu rajoutes : Du thym, quelques oignons, tu mets à feux doux et je t’assure que tes papilles me diront merci. Regarde, tu baves déjà ! »

A éviter

Faire preuve de condescendance : Ce n’est pas parce que les autres ne pensent pas comme vous qu’ils ne sont pas intelligents. Et cela ne servira pas votre cause. Pire encore, ceux avec qui vous conversez pourraient se braquer.

Multiplier les attaques personnelles : Un débat oppose les idées et non ceux qui les portent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Eric Zemmour, malgré sa vivacité d’esprit perd rapidement sa crédibilité au cours de ses « clash » (je ne pose aucun jugement, c’est un fait).

Le prosélytisme. Il arrive parfois qu’une discussion amène à remettre en question ses convictions. Vous pouvez par exemple discuter politique avec un ami et cette conversation peut remettre en question les convictions de l’un d’entre vous. Ce n’est pas plus mal. Mais ce ne doit pas être le but de ces conversations. Changer d’avis sur des sujets personnels est une démarche personnelle également.

Perdre son sang-froid : Certes cela peut clore le débat mais s’énerver est la preuve concrète que vous êtes à court d’arguments. Donc de vous décrédibiliser.

Développez vos relations sociales !

Avoir l’air sympathique à peu de frais

Sourire ! Pas de secrets. La gestuelle est très importante dans la façon dont les autres vous percevront. Tenez-vous droit, les épaules en arrière et le regard franc.

Peur de discuter avec un inconnu ? Posez-lui des questions !

Surtout en soirée. Les gens adorent parler d’eux. Le secret étant de rebondir sur leurs réponses pour poser d’autres questions, jusqu’à ce que la conversation devienne naturelle. L’opération prend quelques minutes et vous gagnez un contact. Avec un débit de parole maitrisé et un sourire franc, paraitre sympathique est facile.

Le pouvoir de la petite attention

Apporter des croissants au bureau, penser aux anniversaires, les  fêter, voire les organiser, renvoyer le lien vers un article comportant une information qu’une connaissance cherchait…. Mais attention : Une petite attention doit être proportionnelle au lien que vous entretenez avec la personne en question. On n’offre pas la paire de chaussures dont elle rêve à notre collègue arrivée la semaine dernière en entreprise. A elle, on lui présente le reste de l’équipe, on s’assure qu’elle prend ses marques et on la briefe sur le caractère de certains.

L’exercice est simple et doit devenir un réflexe. Quand une requête arrive au hasard à vos oreilles (« rhâ il me manque dix centimes pour un café »…) et que vous avez la solution (dix centimes donc) prenez les devants et proposez spontanément votre aide. C’est aussi valable pour le téléphone qui n’a plus de batterie, la dame avec la poussette en bas des escaliers…

Développez vos centres d’intérêt :

Vous aimez courir, c’est bien. Et pourquoi ne pas courir dans un club de votre quartier ? Vous aimez chanter, Parfait ! Vous pouvez tout aussi bien intégrer une chorale. Et c’est déclinable à l’infini…

Double effet kiss-kool :

-Vous rencontrerez des gens partageant vos passions.

-Vous aurez un motif de fierté et des sujets de conversation pour les autres rencontres que vous ferez en soirée, au bureau….

Multipliez les sorties. Même seul.

Et même celles où vous ne connaissez personne. Je vous ai déjà expliqué les clefs de la confiance en soi en soirée.

Mais flâner seul(e) est un très bon moyen de faire des rencontres intéressantes. Et qu’avez-vous à perdre ? Au plus vous vous faites snober par des gens que vous ne reverrez pas…

Charlène nous raconte sa dernière rencontre spontanée :

« Je cherchais une table dans un Starbucks quand à côté d’une table vide, trois amis vinrent s’installer. Mes oreilles trainant, l’un d’entre eux expliquait qu’il travaillait pour une célèbre assurance. La même assurance qui avait été sujette à controverse à cause de leur méthode de recrutement. Sans vraiment réfléchir à la façon dont cela pouvait être perçu, je me suis immiscée dans la conversation :

-Excusez-moi, je n’ai pu m’empêcher d’entendre : Vous prenez vos fonctions chez Fan Assurance ?,

-Oui, j’ai débuté la semaine dernière…

-J’ai vu un reportage sur leurs sessions de recrutement pour le moins choquant. Vous qui en revenez, comment ça s’est déroulé pour vous si ce n’est pas indiscret ?…

Le jeune homme en question a répondu à ma question sans vraiment réfléchir et une longue, longue conversation a démarrée, ce jeune homme et moi avons échangé nos coordonnées et nous sommes revus».  Je suis la reine du Small Talk.

Le site web On Va Sortir compte plus de 97 000 membres et propose des sorties partout à travers la France. Les sorties proposées y sont variées : After-work sur une péniche, visite  d’exposition, footing en forêt ou simplement partager un café et un croissant dans un café de la ville. Et ce n’est pas exclusivement réservé aux personnes esseulées…

Nous sommes dans un monde ou le virtuel prend beaucoup de place : Profitez-en !

C’est la grande chance de notre génération.  Internet unit les hommes et permet aux gens pourvus des mêmes centres d’intérêts de se retrouver dans des forums, ou sur des pages de réseaux sociaux. Pour la petite histoire, ma meilleure amie a rencontré son petit copain… sur un de mes statuts Facebook. Ils ont interagit sur ce dit statut avant de passer aux messages privés. Ils sont maintenant ensembles depuis un an et ont presque oubliés la façon dont ils se sont rencontrés.

L’amitié nécessite une démarche proactive :

Un ami ne se contente pas d’une rencontre et d’un contact Facebook. Il n’est jamais évident de proposer à quelqu’un que l’on ne connait pas beaucoup de boire un verre ou de vous accompagner à une expo. Mais si le feeling est passé au point d’échanger vos coordonnées, c’est que votre nouvelle connaissance s’y attend et si vraiment cela vous effraie, organisez une sortie à plusieurs. Soyez celui ou celle qui organise les sorties, les cinémas…

Faites un « diner de pas con ».

C’est comme ça que j’ai fabriqué ma bande d’amis. Commencez par trois ou quatre amis (dont un boute-en-train). La règle : Chacun ramène quelqu’un de cool qui pourrait bien s’entendre avec vous. Et tout le monde se retrouve autour d’un bon diner. Laissez l’ambiance se faire. Et si l’expérience est concluante, réitérez en demandant à vos invités fraichement rencontrés d’en inviter d’autres.

Accompagner un proche durant sa période de deuil.

 Les travaux initiés par ‘Elisabeth Kübler-Ross’  admettent cinq étapes dans un deuil:

-La sidération : L’individu va recevoir la nouvelle et enclencher un mécanisme de protection. Cela peut passer par « ne pas entendre la nouvelle » ou encore s’évanouir. Les émotions sembleront absentes. Cette période est assez courte. Et souvent composée de Déni.

-La colère : Colère envers soi, colère envers le défunt. C’est une période durant laquelle l’individu va expulser ses émotions de façon physique.  C’est aussi une période où les personnes encore en vie peuvent être soumises à une culpabilité.

-Le marchandage : Fait de tentatives de compromis et de négociations. Malheureusement la mort étant immuable, ces négociations sont inutiles.

-La résignation : Période de profonde tristesse ou la personne en deuil va être confrontée à l’absence de l’être aimé au quotidien.

-L’acceptation.  La personne en deuil va « intérioriser » l’être perdu et le faire vivre à travers ses propres actions. Elle va également organiser sa vie en prenant en compte l’absence de l’autre. Preuve qu’elle l’a intégré dans sa réalité.

Ça, c’est ce que nous apprend la science.

Dans la vraie vie, votre  épouse vient d’apprendre la mort de sa mère et vous êtes désemparé. Vous essayez de décrypter son attitude mais face à son stoïcisme, vous êtes perdu. Vous cherchez les mots qui font du bien, mais dans ces moments-là, rien que vous pourrez dire ne la consolera. Parler ne servira à rien. Il va falloir agir.

Se préparer à une attitude irrationnelle.

Même la personne la plus pragmatique et la plus forte peut avoir un comportement incohérent, voire effrayant à l’annonce du décès d’un proche. La mort est l’unique chose irréversible de cette planète. Son caractère définitif et parfois imprévisible, la rend d’autant plus insupportable. D’où parfois des mécanismes de protection. Comme un  déni immédiat. Il est très délicat (et déstabilisant) d’expliquer à un proche qu’il vient de perdre un parent et de le voir répondre indéfiniment « Mais c’est grave ? Il est blessé ? ».

Il va falloir s’armer de patience. Et parer à un débordement lorsque la nouvelle aura été assimilée. Cris, hurlements, larmes ou violence, peuvent survenir brusquement.

Être le réceptacle de cette réaction, même si ce n’est pas évident, est la meilleure chose à faire. Car si la personne endeuillée n’extériorise pas la violence de ses émotions, elle la tournera alors vers elle-même. Or une telle douleur ne peut être contenue, niée, ou apaisée dans l’instant. Et il vaut mieux la laisser casser quelques objets, voire quelques meubles, cogner les murs ou hurler à s’en fendre l’âme que d’essayer de « la calmer » et de la voir développer des comportements névrotiques qu’elle n’avait pas avant.  La seule chose à faire dans l’immédiat, c’est d’éviter que la personne que vous aimez et qui est submergée par le chagrin ne se fasse du mal. C’est le moment d’être un pilier

Assurer la permanence

Une personne en deuil va avoir du mal à assurer les gestes du quotidien.  Si vous vivez avec une personne affligée, vous pouvez prendre en charge les aspects pratiques de ce décès. Informer les employeurs  de votre conjoint si il ou elle vient de perdre son père. Il se peut qu’il ou elle ait oublié. S’occuper des enfants, s’assurer que votre conjoint  s’alimente et se lave. Prévenir l’entourage, s’assurer de la bonne préparation de la veillée mortuaire.  Faire les courses, s’occuper des tâches ménagères…

S’aquitter de ces tâches sera une façon de signifier votre soutien et d’agir de façon concrète. On est toujours un peu désœuvré face à la souffrance d’une personne à qui l’on tient. Il est important de repérer ces petites choses qu’elle n’est plus en mesure de faire. Ou qu’elle n’a plus du tout le goût de faire…

Il se peut aussi que l’organisation de ce décès (enterrement, veillée…) soit l’ultime moyen pour une personne en souffrance de conserver un lien avec le (ou la) défunt(e). Laissez-la faire mais assurez-vous qu’il ou elle ne s’ « oublie pas » dans l’organisation du départ.

Le (ou la) surveiller.

Il est des signes qui traduisent un vrai problème. Une attitude incohérente qui persiste, un refus persistant de s’alimenter, perte totale du sommeil….

Il va par la suite falloir être attentif aux signes de mieux ou de mal-être.

Si vous ne pouvez agir vous-même, n’hésitez pas à donner l’alerte et à demander de l’aide auprès d’un médecin.

L’écouter.

Une personne en deuil ressentira le besoin de raviver ses souvenirs et de parler régulièrement du proche disparu. Des heures, des jours et des nuits. Ces informations seront précieuses pour mieux l’accompagner vers l’acceptation.

Samantha est chômeuse. Elle a malgré elle décalé son sommeil, et est devenue noctambule. Son amie Laura a perdu son petit ami. Elles ne se voient pas souvent mais s’apprécient beaucoup. Alors elles ont engagé un rituel :

Tous les soirs, Laura et Samantha se retrouvaient pat Tchat ou par téléphone. Laura parlait, encore et encore de son petit ami décédé et  Samantha, qui ne faisait pas grand-chose de ses journées, se sentait enfin utile. Parfois elles parlaient d’autre chose et Sam arrivait à la faire rire. Et parfois, Laura était désemparée et Sam était frustrée  de ne pas pouvoir avoir son amie face à face. Jusqu’au jour où leurs conversations autour du petit ami de Laura prenaient moins de place que tout le reste.

Preuve que la vie reprend lentement son cour…

Être un pilier pour ses proches

Être une personne «sur qui l’ont peut compter» est une très belle source d’estime et de confiance en soi. En tous cas, c’est plus valorisant qu’être l’éternel « enfant de ses proches » pour qui les autres s’inquiètent en permanence. Mais encore faut-il  prouver que vous êtes digne de ce statut de «Soutien ». Cela passe par quelques actions simples auprès des siens.

Bien les connaître:

Pour bien connaître vos proches il faut les observer dans la vie de tous les jours. Par définition, si ce sont vos proches, vous les côtoyez régulièrement et devrez donc être en mesure de reconnaître leurs manies au quotidien. Petit exercice : Êtes-vous capable d’imiter les membres de votre famille. Pouvez-vous donner des mimiques, ou des tiques de langages chez ceux qui partagent votre vie? Leurs goûts préférés. Repérer ces choses-là est la preuve que vous êtes en mesure de lever le nez de votre nombril de temps en temps et de faire attention aux autres. Et vous serez d’autant plus en mesure de repérer les comportements inhabituels chez ceux que vous aimez. Si votre mère est une marmotte, le jour où vous la trouverez à minuit face à la télévision, vous serez interpellés par ce changement de comportement. Pareil pour le formidable appétit de votre moitié qui disparaît soudainement.

Depuis quand il ou elle fait la fine bouche devant votre célèbre rôti aux épices ?..

Comprendre et anticiper leurs besoins

Si vous les connaissez, vous saurez d’autant plus ce dont ils ont besoin pour être heureux. Même quand personne ne vous demande rien. Anticiper est une jolie façon de dire «je m’assure que tout se passe bien pour toi ».

Comme l’explique Fanny, 24 ans. En couple depuis deux ans.

« Mon petit ami ne demande jamais rien. Par pudeur. Il n’extériorise pas non plus ses émotions. Mais le temps aidant, j’ai appris à lire en lui comme dans un livre ouvert. Je sais ce qui lui fait plaisir et je le lui apporte même s’il ne me demande rien. Et je prends soin de lui tous les jours. Ça passe par m’inquiéter de ce qu’il va manger en mon absence. Et m’assurer qu’il a des costumes prêts quand il a des conférences à donner pour son travail. D’aucun trouveront ça antiféministe mais ces attentions vont dans les deux sens. Lui aussi pense à moi. Ça passe par des choses dérisoires. Comme me prévenir quand il a pris le RER avant moi et qu’il y a des perturbations sur la ligne. Ou me faire à diner quand je rentre après lui parce que j’aurai faim. Ou m’acheter le livre dont je lui ai parlé et que je n’ai pas eu le temps de passer prendre.»

 Ce n’est pas être intrusif, c’est être attentionné.

Tenir les engagements que l’on prend

Pour être un pilier pour les vôtres, il faut qu’ils soient en mesure de compter sur vous. Le meilleur moyen de prouver qu’ils le peuvent est tout simplement… de faire ce que vous dites. Vous pouvez tout à fait dire Non  lorsqu’un service vous est demandé » et que vous ne pouvez être utile.

Mais plus qu’avec n’importe qui, ne prenez aucun engagement si vous savez que vous n’êtes pas en mesure de le tenir. Votre manque de parole sera perçu comme une réelle trahison. C’est la pierre angulaire d’une relation de confiance.

Prendre le temps pour eux.

L’entourage est un domaine de la vie comme tous les autres qui nécessite de l’investissement en énergie et en temps. Ils doivent donc prendre dans votre agenda un temps proportionnel à l’importance qu’ils ont pour vous. Votre manque de disponibilité risque de passer pour du désamour, un défaut d’attachement. Une façon indélicate de signifier que vos proches ne sont pas votre priorité.

Un peu comme le sempiternel coup de fil à sa mère ou l’anniversaire de sa cousine que l’on oublie chaque année. La présence physique n’est pas la plus importante. A l’ère des nouvelles technologies, vous n’avez aucune excuse pour perdre le contact…

Avoir de l’empathie, c’est bien, agir c’est mieux.

Parce que certains drames mettent ceux que l’on aime « Hors service ». Comme un deuil ou un divorce. Ils ne sont pas en mesure d’assumer les tâches quotidiennes dans le chagrin. Certes faire preuve d’empathie et compatir pour les douleurs de ceux qui nous entourent est une preuve de sensibilité. Mais dans l’immédiat, ceux qui souffrent ont surtout besoin d’aide concrète (et c’est tant mieux parce que, de vous à moi, on ne sait jamais quoi dire  face à un proche qui nous explique qu’il traverse une épreuve…) Pas de bla-bla si vous avez peur de mettre les pieds dans le plat: Action!

 Amanda nous raconte le décès de son grand père:

Lorsque que mon papy est décédé, je ne me suis pas sentie particulièrement affectée. Mais ma mère était dévastée. J’étais dépouillée de voir ma maman, d’habitude si forte, lâcher prise de la sorte. Je ne pouvais rien dire. Aucun mot n’aurait ramené son père. Alors je me suis installée chez elle pendant quelques jours et je me suis occupée des tâches ménagères. Le temps pour elle d’assimiler ce qui s’était passé. Ça n’a pas apaisé sa douleur mais ça a été utile. Ça a été ma façon à moi de compatir, de signifier que je pensais à elle et de la soutenir. Elle avait sans doute plus besoin de ça que d’un regard plein de pitié qui la renvoyait à sa propre douleur…

C’est dans ces moments cruciaux que vous aurez l’opportunité de faire vos preuves en tant que pilier inconditionnel. Vous serez la première personne vers qui vos amis et votre famille se tourneront en cas de besoin. Mais quoi de plus agréable que le sentiment d’appartenance à une tribu soudée et unie, ou personne ne traverse de difficulté seul ?…

Gérer un conflit avec son entourage

Le conflit personnel est particulier. Nous ne sommes pas dans un contexte professionnel ou l’on est jugé sur ses compétences. On est dans l’affect pur. On touche aux sentiments, voire à l’amour.  On est alors déstabilisé et fragile face à une engueulade avec un proche. Même si l’on a pas toujours tort…

L’amour,  cette source d’énergie fragile.

L’amour de ses proches est une énergie renouvelable inépuisable. Elle nous pousse au meilleur, nous donne confiance en nous, nous réchauffe quand la journée a été dure. Une fois les factures payées, les courses faites, LA TVA incluse, les impôts locaux et la taxe d’habitation payée, à la fin du mois, l’amour est tout ce qu’il nous reste…

C’est pourquoi l’on est vite déstabilisé quand on doit entrer en conflit avec une personne que l’on aime. On a peur que qu’une dispute remette en question l’amour qu’il ou elle nous porte. Avez-vous remarqués que l’on entre plus facilement en conflit avec ses parents qu’avec son amoureux ? Car l’amour filial est bien souvent inconditionnel. On ose alors plus facilement exprimer ses griefs car on sait que Maman ne partira pas sous prétexte qu’on refuse de l’accompagner chez Tante Berthe Dimanche…

Dans un premier temps, épargnez-vous des conflits…

Vous avez la possibilité d’éviter la moitié des conflit avec votre entourage d’une façon simple : prenez soin de votre entourage et ne faites pas passer vos intérêts personnels avant le bien-être des votre. Parce que même dans les relations affectives, les conflits partent souvent d’une divergence d’intérêt.  Partez d’un principe simple. Tatouez-le sur votre front et ne le perdez jamais de vue : « Toutes les décisions que vous prenez ont des répercussions sur ceux que vous aimez ».

Fort de ce constat, et comme dans mon article sur Savoir dire non vous pourrez évaluer le degré d’implication et les retours sur votre entourage. Et si vous vous apprêtez à faire un choix qui porte à conséquence sur votre cercle intime, parlez-en avec eux.

Un autre principe à garder précieusement :

« Ce que vous dites a un impact sur ceux que vous aimez ».

Mais si vous les aimez, par extension vous les connaissez. Vous avez accès à leur histoire et à leur sensibilité. Vous serez donc parfois tentés de taper là où ça fait mal pour toucher l’autre ou obtenir gain de cause. C’est souvent d’où viennent les conflits les plus délicats à surmonter. L’autre se sent trahit car il aura pris le risque de vous livrer ses vérités et que vous les aurez retournés contre  elle ou lui.

Ça c’était pour vous éviter les conflits dans lesquels vous seriez en tort.  Parce  que vous n’êtes bien évidemment pas l’unique responsable des conflits susceptibles de survenir avec les membres de votre famille de cœur. On est très souvent blessé par ceux que l’on aime le plus et c’est d’autant plus délicat qu’ils savent exactement ou taper et qu’ils sont ceux auprès desquels nous allons nous plaindre lorsque nous entrons en conflit avec des collègues ou avec l’extérieur en général.

Ne pas oublier que quelqu’un qui vous aime vous blesse rarement intentionnellement.

Imaginons un conflit avec votre sœur. Je propose une résolution de conflit en quatre étapes, testé et approuvé sur mon entourage…

  1. Laisser la moutarde redescendre : Parce que traiter sa sœur de vieille truie sous la colère ne fera pas avancer le débat. Pire encore, il rajoutera de la rancœur à la rancœur (« OK, c’est de ma faute mais me traiter de truie ! C’est fourbe ! Toi aussi tu feras le malin/la maligne si tu avais douze kilos de grossesse à perdre !… ») et le but du jeu c’est de résoudre un conflit, pas d’alimenter une gué-guerre qui gâchera les trente prochains Noël…
  2. Se mettre à la place de l’autre : Si une personne que l’on aime a commis un impair, c’est le plus souvent par maladresse. Qu’est ce qui a motivé les actes de la personne qui vous a offensé ? Pourquoi votre sœur a jugé bon de révéler à votre mère ce secret que vous vouliez à tout prix conserver ? Pensait-elle à vous protéger et alerter vos proches sur une situation critique ? Ou espérait-elle se faire mousser parce qu’elle en a marre d’entendre votre mère vous citer en « exemple de réussite », alors que vous n’êtes pas si parfait que ça ?
  3. Communiquer. Calmement et de façon simple, énumérer les faits et exprimer en quoi l’autre vous a blessé. En quoi vous lui en voulez. Concéder la maladresse de l’autre pour la faire admettre, et exprimer votre point de vue.
  4. Puis prendre ensemble une décision sur le comportement à adopter à l’avenir dans la même situation. Conclure ainsi la discussion laissera une impression d’ « engagement moral ». Qui vous autorisera un méchant coup de gueule en cas de récidive.

Il est certains conflits qui ne se règlent jamais…

Il arrive aussi que l’autre prenne un malin plaisir à nous enfoncer. Ce qu’il sait de nous est une arme dont il se sert pour nous tuer un peu plus chaque jour. Peut-être entretenez-vous une relation toxique avec un pervers narcissique.

Certaines relations ne valent pas le coup d’être vécues. Elles sont faciles à reconnaitre : L’autre retourne les sentiments que vous éprouvez et ce qu’il sait de vous  comme une arme pointée sur la tempe pour que vous adoptiez le comportement qu’il attend de vous. Stopper cette relation peut-être difficile dans un premier temps, mais l’amour propre n’a pas de prix…

Vous débarrasser des relations toxiques

Comment reconnaitre une amitié toxique ?

Lorsque l’on laisse quelqu’un rentrer dans notre vie, les liens se créent autour de ce que l’on sait de l’autre. Au détour d’un Grande Latte, on dévoile notre relation houleuse avec un père absent, un amoureux avec qui les prises de bec se multiplient, ou une peur panique de parler en public. S’ouvrir à une nouvelle relation implique que l’autre vous connaisse. Qu’elle soit amicale ou professionnelle. La grande question est: Comment votre ami utilise votre amitié?

-Voyez les failles que vous révélez comme des munitions : Lors d’une relation saine, elles peuvent être confiées en toute confiance et l’autre  Lors d’une relation toxique, elles sont retournées contre vous Lorsque vous dévoilez un problème que vous traversez, comment réagit votre ami? Cherche t-il avec vous des solutions? Vous console t-il? Met-il en parallèle sa propre situation sur le mode « En faite, je me  rends compte que je vais très bien… » ou « Je n’aimerais pas être à ta place… »

-Comment vous sentez-vous contact de votre ami? Confiant, sûr de vous? Ou au contraire éteint(e)?

Votre ami connait-il vos goûts? Un ami inutile emmagasine vos failles comme des armes mais ne connait pas ce qui fait votre bonheur, comme vos goûts. Personnellement, je préfère un ami qui m’achète un livre que j’ai déjà (preuve qu’il a compris ce que j’aime) qu’un pull vert bouteille.

L’autre est le seul à y trouver son compte :

Une relation toxique apporte plusieurs sortes d’avantages à son initiateur :

  • Il obtient du concret : il utilise ce qu’il sait de vous pour vous inciter à adopter des comportements qui ne servent que ses intérêts.  Comme du chantage affectif amitié-contre-piston parce que vous travaillez pour une chaine nationale et qu’elle sait que vous  détestez vous sentir abandonné (rapport à votre père, toujours lui…). Je ne dis pas qu’entre ami l’on ne doit pas se rendre des services, je dis qu’il utilise des canaux peu honorables pour obtenir gain de cause.
  • Il assoit son ego sur vos blessures intimes : J’ai eu un « ami » comme ça il y a quelques années. A l’époque où je cumulais les déconvenues. Mes relations ne tenaient pas plus de deux semaines, je  m’ennuyais ferme en cours, et j’étais la seule personne d’une équipe commerciale dont le directeur me rappelait étrangement… mon père.  Il se délectait de mes déboires que je lui racontais, et utilisait mes malheurs pour se rassurer sur sa propre situation.

Après l’avoir vu, je rentrais chez moi avec une boule au ventre et la dignité d’un balai-à-chiottes.  Non content de me consoler, il appuyait sur mes failles « pour rire ».

Jusqu’au jour où j’ai compris qu’il ne m’apportait rien. Et je l’ai effacé de ma vie. Et j’ai rencontré mes meilleurs amis. Ceux qui me soutiennent. Connaissent mes défauts  et ont les leurs. Il n’hésitent pas à me prévenir lorsque que mes actions ne me rendent pas service, mais sont présents pour moi en cas de besoin et sont mes premiers défenseurs en public.

Les mauvais côtés des gens qu’on aime sont l’occasion de se faire évoluer mutuellement. Et non plus de stagner dans l’autosuffisance. Dans le fond, en vous utilisant comme contre-exemple. Un ami toxique se punit également lui-même…

Apprendre à Dire Non !

Le « non » donne de la valeur à votre « Oui »

C’est terrible, mais un « Oui » systématique a beaucoup moins de valeur qu’un «oui » occasionnel. J’appelle ça le complexe du « ça va pas être possible », entendu devant les boites de nuits les plus convoitées (et parfois à l’intérieur des boites des nuits par les filles les plus convoitées…). Vous connaissez le principe selon lequel « tout ce qui est rare est précieux » ? Et bien il en va de même pour votre accord.

N’ayez pas peur de ne plus être apprécié.

Dire non n’est pas dire « non » à quelqu’un mais « non » à ce que l’on vous propose. Les personnes à qui vous refusez un service ou à qui vous déclinez une invitation ne doivent pas le prendre personnellement.

De quoi avez-vous peur ? De ne plus être sollicité ? Et Alors ? Dire non c’est aussi l’opportunité de repérer autour de vous ceux qui respectent vos choix et ceux qui voient leur intérêt avant votre bien-être. Votre amie Clotilde vous demande de lui prêter 300 euros ? Vous n’y pensez pas ! Vous-même êtes cantonnés au riz (riz, cantonné héhé !) à partir du 10 du mois ! Il est tout à fait logique de lui refuser ce service puisse que vous êtes également sur la corde raide. Et elle n’a pas le droit de vous en vouloir.

Vous craignez qu’elle ne tourne les talons en décrétant que vous n’êtes pas un(e) vrai(e) ami (e)? Ne culpabilisez-pas. Si elle le fait, c’est qu’elle ne prend pas en compte vos impératifs. C’est le moment de sortir votre tenue de Ninja et de s’affirmer. L’égoïste, ce n’est pas vous. Cela sera également pour vous l’occasion de vous débarrasser des Amitiés toxiques qui nécessitent du temps et de l’énergie pour un si faible retour (et une culpabilité perpétuelle)

Vous êtes la seule personne capable de préserver vos intérêts.

Dire non est une façon de signifier que vous savez vous protéger. Rendre service est toujours une noble chose mais ne vous perdez pas en chemin. Trouver l’équilibre entre son plaisir et celui des autres n’est pas évident.

La nature humaine est ainsi faite : Même les individus les plus gentils sont susceptibles de vous marcher sur les pieds si vous laissez faire. Il s’agit plus de maladresse que de manipulation. Après tout, si vous savez que Jérôme a une voiture et qu’il ne sait pas dire non, vers qui vous tourneriez-vous quand il faudra vous déposer à l’aéroport ? Il vaut mieux refuser un service et s’éviter un froid plutôt que d’accepter au détriment de son propre bien-être et de nourrir une rancœur envers les autres.

Quand je ne sais pas quoi faire, j’ai une petite astuce que j’appelle : Le tableau de rapport effort/bonheur.

Vous pouvez le mettre sur papier, bien que ça ne soit pas si compliqué :

Dilemme Vous dites Oui Vous dites Non Résultat.

 

Sophie a besoin  de 300 euros. Vous en gagnez 1000 par mois Votre banquier prend de vos nouvelles deux fois par jour, Vous recevez vos premières lettres de rappel et vous êtes contraints de manger… De l’eau. Le Banquier de Sophie prend de ses nouvelles deux fois par jour, elle reçoit ses premières lettres de rappel…. Ex Aequo dans ce cas précis. C’est alors vos propres intérêts qu’il faut protéger. Charité bien ordonné commence par soi-même. Dans le même cas, Sophie refuserait également.

 

Sophie a besoin de 300 euros. Vous en gagnez 3000 par mois. Vous vous passez d’une nouvelle paire de chaussures et d’une semaine de livraison de sushis à domicile. Trop dur la vie. Le banquier de Sophie prend de ses nouvelles deux fois par jour… Et cette dinde ne peut même plus vous accompagner en sessions shopping. Etre privé d’électricité est, je pense, plus embêtant que de se passer d’une paire de chaussures (même si l’éclairage des bougies flatte le teint…)

 

« ça vous dirait de donner à manger aux sans-abris pour le soir de la Saint Sylvestre? » Vous passez à côté de la soirée du siècle au VIP Room. Sophie vous appelle le lendemain pour vous  raconter comment J.C. habillé en fille, s’est fait draguer par le sosie de Guillaume Canet. Vous auriez aimés voir ça.Pis vous avez eu une année pourrie, vous aviez besoin de décompresser… Les sans-abris se verront servir leur soupe annuelle par… Un autre bénévole. Pour avoir voulu faire du bénévolat en fin d’année, sachez que les associations humanitaires sont prises d’assauts les soirs de Noël et du Nouvel An. Le compromis est possible. Après tous, les sans-abris ont besoin de manger les autres jours de l’année également. Et vous avez vraiment besoin de dire au revoir à une année qui ne vous a pas fait de cadeaux.Vous donnez du temps au Restos du Cœur une fois par mois à partir de l’année prochaine.

 

Vous l’avez compris. Si votre effort est important et ne produit que peu d’impact, vous avez le droit de dire « Non ».

Un autre détail important : Si vous ne savez pas dire non, votre entourage risque de ne pas comprendre lorsque vous vous déciderez à le faire. Ils prendront ça pour une rébellion irrationnelle et vous ne serez pas pris au sérieux