Surmonter une rupture amoureuse

Assis autour d’un café, vous manquez d’air. Vous auriez dû vous douter de quelque chose quand elle (ou il) a demandé à vous voir dans un lieu public. Ses doigts tremblent en remuant la cuillère dans son chocolat viennois. Voilà, on vous annonce qu’il vaut « mieux arrêter là ».

Première priorité : sauver les meubles.

Je sais que vous êtes très tentés de :

  • Pleurer le plus bruyamment possible
  • L’insulter très fort en allemand (le plus bruyamment possible aussi)
  • Supplier de ne pas faire ça.

Mais aucune de ses attitudes n’a de classe. Votre égo a-t-il besoin d’un énième souvenir embarrassant que votre esprit vous rappellera dans les moments les plus inopportuns?

Épargnez une casserole à votre amour propre:

  • Demandez-lui pourquoi
  • Voyez s’il est possible d’arranger la situation. Ayez une franche explication.  Laissez-la (-le) parler à cœur ouvert. Il arrive que la situation se débloque en relevant quelques quiproquos (ça a récemment sauvé mon propre couple…).

Si au terme de cette discussion la situation ne s’est pas améliorée’est que cette rupture a bel et bien une raison d’être.

Si ses arguments sont valables et rationnels, c’est qu’ils traduisent une réelle incompatibilité de caractère. Auquel cas la réaction la plus intelligente est  de respecter son choix.  S’obstiner dans un couple qui ne fonctionne pas ne sert à rien. Je sais que sur le coup vous avez juste envie d’être dans un clip de Céline Dion, mais il va falloir déployer des trésors d’énergie pour conserver un cerveau en état de marche. Et puis vous avez plus de chance de faire naitre des regrets chez l’être aimé en vous comportant en gentleman qu’en le séquestrant dans votre appartement.

Conservez un maximum de sang-froid. C’est l’exercice le plus périlleux du monde mais il est nécessaire. Vous pleurerez une fois chez vous.

Défoulez-vous

Et là vous aurez carte blanche. L’écoute en boucle des chansons d’Alanis Morissette est autorisée. L’accompagner de la voix avec des trémolos et quelques sanglots est également toléré. Cassez un vase, pleurez dans votre baignoire, postez-vous en position fœtale dans votre lit, appelez votre mère, allez courir, triez vos papiers. Quartier libre. Trouvez le meilleur moyen d’évacuer votre émotivité sans vous détruire.

Ce n’est pas parce que vous venez de vous faire larguer que vous n’êtes pas digne d’être aimé.

Une rupture est d’autant déstabilisante qu’elle touche à sa propension à être aimé. Le plus dur est de se dire que l’autre nous aimait, a appris à nous connaitre et décrété qu’il ne voulait plus de nous.  Suite à ça, il est très difficile de se laisser aimer sans avoir peur d’être abandonné à nouveau.

Mais ce n’est pas parce qu’une personne a décrété que vous ne lui convenez pas que vous n’êtes pas digne d’être aimé. Cela signifie simplement qu’elle ne vous estime pas compatibles. C’est douloureux mais il existe forcément une personne qui vous considèrera comme « ce qu’il lui faut». Ça tombe bien, il ne vous en faut qu’une…

Reconnaitre les erreurs

Quels que soient vos erreurs, elles sont faites. Vous n’allez pas passer ces trois prochains mois à vous flageller en vous répétant que vous n’êtes qu’une raclure de fond de chiottes. La seule chose à faire c’est de les identifier, et de les admettre afin de ne plus les reproduire. Je dis souvent que les échecs sont des coups de pieds aux fesses qui ont le mérite de vous projeter en avant. Il en va de même pour l’échec amoureux.

L’exercice le plus douloureux lors d’une rupture est la rétrospective. Un  peu comme si l’on imposait à une équipe de foot un visionnage sur leur dernière défaite avec arrêt sur image sur les pires ratages. Vous aurez peut-être envie de pleurer sous la pluie mais regarder votre rupture en face vous permettra d’en tirer des enseignements.

Profitez-en pour vous concentrer sur autre chose.

L’amour, même s’il rend plus fort est un grand chronophage et nécessite beaucoup d’énergie. Vos soirées étaient intégralement consacrées aux badinages téléphoniques / diners au restaurant / séances de cinéma / parties de jambes en l’air. C’est aussi aujourd’hui autant de temps sauvé pour… Vous.

Si vous ne viviez qu’à travers la personne qui partageait votre vie, vous risquez de trouver tout ce temps libre inutile. Vous risquez aussi de traverser une grave crise sur le thème de : « Mais alors ? Quel est mon but dans l’existence ? ». J’ai un ami qui a carrément pris un deuxième boulot sous le prétexte que « sinon je ne sais pas quoi faire (haussement d’épaules) ».

Vous n’êtes certes pas obligé de cumuler deux CDI pour oublier votre ex. Mais définir un objectif personnel et se concentrer dessus aura deux avantages :

  • Vous concentrer sur un projet qui n’appartient qu’à vous et que n’auriez pu faire si il ou elle était encore dans les parages. Énergie oblige.
  • Vous redonner confiance en vous et découvrir les premiers bons côté de la vie de célibataire…

Prenez le temps de cicatriser

Le piège de  la rupture est de s’enfouir à cœur perdu dans une nouvelle histoire. Mais à part ajouter un nouvel échec et une nouvelle séparation (même si la douleur est moindre), cela ne servira à rien.

Vous n’aurez pas les épaules assez solides et votre équilibre est trop précaire. Vos critères de sélection pour votre prochaine histoire seront faussés. Vous ne pourrez construire une nouvelle relation que lorsque que vous-même vous serez reconstruit.

Jusqu’au jour ou vos souvenirs ne seront plus aussi douloureux. Par hasard vous retomberez sur une ancienne photo censée vous émouvoir, mais vous vous rendrez-compte que cela fait quelques semaines que vous n’avez plus pensé à cette personne. Ce jour-là vous aurez compris que la tempête est passée et que vous avez été en mesure de la gérer…

 

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